Enfin, la voix de mon père troua les ténèbres. La porte de la chambre s'ouvrit, sa silhouette se détacha en noir épais sur le gris du mur.
- Pourquoi tant de larmes ? Nous n'avons, Dieu merci, aucun sujet de tristesse. J'ai dû vous abandonner pour corriger ce mécréant qui essayait de nous jouer un tour. Tout est rentré dans l'ordre et voici les bracelets.
Il déposa les deux bracelets sur le matelas.
- Je ne veux pas les voir, ces bijoux de mauvais augure, dit ma mère. Je sens qu'avec eux le malheur est entré dans cette maison ; tu feras bien d'aller les revendre dès demain.
Ma mère prit les bijoux sans les regarder, ouvrit son coffre et les jeta dedans avec humeur. Son visage ruisselait encore de larmes.
| Titre | Auteur | Genre | Date |
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| Titre | Auteur | Genre | Date |
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| La Boîte à merveilles | Ahmed Sefrioui | Roman autobiographique | 1954 |
Ce passage se situe après la dispute entre Maâlem Abdeslam et le dellal (le courtier malhonnête qui voulait lui jouer un tour) au souk des bijoux.
« larmes », « tristesse », « mauvais augure », « malheur » (« ténèbres »).
| Le père (Abdeslam) | La mère (Zoubida) |
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| Le père (Abdeslam) | La mère (Zoubida) |
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| Confiant et rassurant : il offre les bracelets et minimise l'incident. | Méfiante : elle y voit un présage de malheur et veut les revendre. |
Une hyperbole : l'exagération (« ruisselait ») insiste sur l'abondance des larmes et la grande tristesse de la mère.
Parce qu'elle les croit porteurs de malheur : « je sens qu'avec eux le malheur est entré dans cette maison ».
c) Maâlem Abdeslam perdra son capital.
On peut le comprendre : face à un escroc qui tente de le tromper, défendre son bien et son honneur peut sembler légitime.
Non : recourir aux coups n'arrange rien et entraîne des ennuis (la dispute lui coûtera cher). Mieux valait régler le litige par le dialogue ou la loi.
On peut la comprendre : marquée par l'incident, elle associe les bracelets à la peur ; cette intuition traduit sa sensibilité et son angoisse.
C'est de la superstition : un objet n'apporte ni bonheur ni malheur. Le malheur de la famille a des causes réelles, non un mauvais sort.