Une heure vient de sonner. Je ne sais laquelle : j'entends mal le marteau de l'horloge. Il me semble que j'ai un bruit d'orgue dans les oreilles ; ce sont mes dernières pensées qui bourdonnent. A ce moment suprême où je me recueille dans mes souvenirs, j'y retrouve mon crime avec horreur ; mais je voudrais me repentir davantage encore. J'avais plus de remords (regret) avant ma condamnation ; depuis, il semble qu'il n'y ait plus de place que pour les pensées de mort. Pourtant, je voudrais bien me repentir beaucoup. Quand j'ai rêvé une minute à ce qu'il y a de passé dans ma vie, et que j'en reviens au coup de hache qui doit la terminer tout à l'heure, je frissonne comme d'une chose nouvelle. Ma belle enfance ! ma belle jeunesse ! étoffe (tissu) dorée dont l'extrémité est sanglante. Entre alors et à présent, il y a une rivière de sang, le sang de l'autre et le mien. Si on lit un jour mon histoire, après tant d'années d'innocence et de bonheur, on ne voudra pas croire à cette année exécrable (très mauvaise), qui s'ouvre par un crime et se clôt par un supplice (torture) ; elle aura l'air dépareillée (n’est pas identique). Et pourtant, misérables lois et misérables hommes, je n'étais pas un méchant !
Oh ! mourir dans quelques heures, et penser qu'il y a un an, à pareil jour, j'étais libre et pur que je faisais mes promenades d'automne, que j'errais sous les arbres, et que je marchais dans les feuilles !
| Titre de l'œuvre | Auteur | Siècle | Genre du roman |
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| Titre de l'œuvre | Auteur | Siècle | Genre du roman |
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| Le Dernier Jour d'un condamné | Victor Hugo | XIXᵉ siècle | Roman à thèse |
C'est la fin de l'œuvre : quelques heures avant son exécution, le condamné se souvient de son passé et de son crime.
« j'ai un bruit d'orgue dans les oreilles ; ce sont mes dernières pensées qui bourdonnent » (aussi : « j'entends mal le marteau de l'horloge »).
L'horreur et le remords (le regret).
Quelques heures (« mourir dans quelques heures »).
a) Une vie libre, pure et heureuse (« ma belle enfance », « ma belle jeunesse », « étoffe dorée »).
b) Il craint la mort (« le coup de hache ») et que sa fille ait honte de lui.
a) Une métaphore.
b) Elle souligne le sang versé et la rupture entre son passé innocent et son présent de criminel condamné.
a) « mourir » ; « coup de hache » (aussi « sanglante », « supplice »).
b) Une tonalité tragique / pathétique.
Une exécution cruelle, barbare et inhumaine.
Victor Hugo dénonce la peine de mort : elle est cruelle et injuste. Il veut émouvoir le lecteur pour qu'il la refuse à son tour.