Le soleil était clair et chaud. Un chat blanc et noir reposait sur le mur et suivait mes mouvements de ses yeux à demi fermés. Je ne m'en approchai point. Le coup de griffe du matou pensionnaire de Sidi Ali Boughaleb m'avait appris à me méfier des chats qui ronronnent au soleil.
Ma mère s'inquiétait déjà de mon absence. Je m'engageai dans l'escalier pour redescendre. Quelqu'un montait pieds nus. Apparut Rahma. Ma mère ne lui parlait plus depuis leur dispute ; les deux femmes évitaient de se rencontrer. Moi, je ne savais pas s'il fallait lui sourire ou me sauver. Je me plaquai contre le mur et attendis que les événements décidassent pour moi.
En arrivant à ma hauteur, Rahma s'arrêta, me caressa la joue et me glissa dans la main un objet lisse et froid, dont le toucher me plongea dans un bain de délice.
- C'est pour toi, me murmura notre voisine.
Installé dans un coin de la pièce, j'osai enfin le regarder. C'était un gros cabochon de verre à facettes taillé en diamant, un bijou fabuleux et barbare. Était-ce un message de ces lointains royaumes ? Était-ce un talisman ? Était-ce une pierre maudite ? Il prendra place dans ma Boîte à Merveilles et je saurai découvrir toutes ses vertus.
Ma mère me trouva dans mon coin. Elle me jeta un regard négligent et dit :
- Encore un bout de verre ! Fais attention de ne pas te blesser.
| Titre | Auteur | Genre | Date |
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| Titre | Auteur | Genre | Date |
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| La Boîte à merveilles | Ahmed Sefrioui | Roman autobiographique | 1954 |
b) La mère de Sidi Mohammed s'était disputée avec sa voisine Rahma (ce cadeau marque leur réconciliation).
À cause d'un mauvais souvenir : le coup de griffe du matou du mausolée de Sidi Ali Boughaleb lui a appris à se méfier des chats.
Un gros cabochon de verre à facettes, taillé en diamant.
« yeux », « joue », « main » (« le creux de ma main »), « pieds » (« pieds nus »).
a) « J'arriverai à découvrir toutes ses vertus. »
Une anaphore (la reprise de « Était-ce » en tête de phrases successives).
Oui : ce geste marque une réconciliation sincère ; refuser aurait blessé la voisine et prolongé la brouille. Accepter, c'est faire la paix.
Non : ma mère étant fâchée avec Rahma, j'aurais préféré ne rien accepter sans son accord, pour ne pas paraître déloyal envers elle.
Elle peut paraître dure : elle se dispute, vitupère et lance des mots blessants à ses voisines, ce qui donne d'elle une image colérique.
Non, elle n'est pas méchante : c'est une mère aimante et émotive, prompte à la réconciliation (comme avec Rahma) et entièrement dévouée à son fils. Ses éclats traduisent surtout l'angoisse et la fatigue.