Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m’a répondu, en souriant fatalement, si c’est là tout ce que j’avais à lui dire.
– Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore !
Qui sait ? elle viendra peut-être ! Cela est si horrible à mon âge, de mourir ainsi ! Des grâces qui arrivent au dernier moment, on l’a vu souvent. Et à qui fera-t-on grâce, monsieur, si ce n’est à moi ?
Cet exécrable bourreau ! il s’est approché du juge pour lui dire que l’exécution devait être faite à une certaine heure, que cette heure approchait, qu’il était responsable, que d’ailleurs il pleut, et que cela risque de se rouiller.
– Eh, par pitié ! une minute pour attendre ma grâce ! ou je me défends ! je mords !
Le juge et le bourreau sont sortis. Je suis seul. – Seul avec deux gendarmes.
Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène. – Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?... Il est impossible qu’on ne me fasse pas grâce !
Ah ! les misérables ! il me semble qu’on monte l’escalier…
QUATRE HEURES.
| Titre de l'œuvre | Nom de l'auteur | Genre littéraire | Époque | Une autre œuvre du même auteur |
|---|---|---|---|---|
| Titre de l'œuvre | Nom de l'auteur | Genre littéraire | Époque | Une autre œuvre du même auteur |
|---|---|---|---|---|
| Le Dernier Jour d'un condamné | Victor Hugo | Roman à thèse | XIXᵉ siècle | Les Misérables |
C'est la fin de l'œuvre : juste avant l'exécution, le condamné supplie un magistrat de lui accorder sa grâce.
Le mot « grâce ». Cette répétition exprime son désespoir et son espoir d'échapper à la mort.
a) Une métaphore (le peuple est comparé à une hyène).
b) Elle montre la cruauté et la sauvagerie de la foule.
L'heure fixée approche, il est « responsable », il pleut et « cela risque de se rouiller » (la guillotine).
« exécrable bourreau » et « horrible peuple » : elles montrent le jugement négatif et l'indignation du narrateur.
Une tonalité pathétique et tragique : le condamné supplie, désespéré, à quelques minutes de la mort.
« Cela » désigne la guillotine.
À mon avis, non : la peine de mort est inhumaine et irréversible. Victor Hugo nous pousse à éprouver de la compassion pour le condamné. (Tout avis argumenté est accepté.)