📝 Contrôle et évaluation · Le Dernier jour d'un condamné

Contrôle N°2

Texte

Les juges, au fond de la salle, avaient l'air satisfait, probablement de la joie d'avoir bientôt fini. Le visage du président, doucement éclairé par le reflet d'une vitre, avait quelque chose de calme et de bon, et un jeune assesseur causait presque gaiement en chiffonnant son rabat avec une jolie dame en chapeau rose, placée par faveur derrière lui.

Les jurés seuls paraissaient blêmes et abattus, mais c'était apparemment de fatigue d'avoir veillé toute la nuit. Quelques-uns bâillaient. Rien, dans leur contenance, n'annonçait des hommes qui viennent de porter une sentence de mort, et sur les figures de ces bons bourgeois je ne devinais qu'une grande envie de dormir.

En face de moi, une fenêtre était toute grande ouverte. J'entendais rire sur le quai des marchandes de fleurs ; et, au bord de la croisée, une jolie petite plante jaune, toute pénétrée d'un rayon de soleil, jouait avec le vent dans une fente de la pierre.

Comment une idée sinistre aurait-elle pu poindre parmi tant de gracieuses sensations ? Inondé d'air et de soleil, il me fut impossible de penser à autre chose qu'à la liberté ; l'espérance vint rayonner en moi comme le jour autour de moi ; et, confiant, j'attendis ma sentence comme on attend la délivrance et la vie.

Cependant mon avocat arriva. On l'attendait. Il venait de déjeuner copieusement et de bon appétit.

Parvenu à sa place, il se pencha vers moi avec un sourire.

- J'espère, me dit-il.

- N'est-ce pas ? répondis-je, léger et souriant aussi.

-Oui, reprit-il ; je ne sais rien encore de leur déclaration, mais ils auront sans doute écarté la préméditation, et alors ce ne sera que les travaux forcés à perpétuité.

- Que dites-vous là, monsieur ? répliquai-je, indigné ; plutôt cent fois la mort ! Oui, la mort !

- Et d'ailleurs, me répétait je ne sais quelle voix intérieure, qu'est-ce que je risque à dire cela ? A-t-on jamais prononcé sentence de mort autrement qu'à minuit, aux flambeaux, dans une salle sombre et noire, et par une froide nuit de pluie et d'hiver ? Mais au mois d'août, à huit heures du matin, un si beau jour, ces bons jurés, c'est impossible ! Et mes yeux revenaient se fixer sur la jolie fleur jaune au soleil.

Étude de texte

Nom de l'auteurTitre de l'œuvreGenre littéraireDeux autres titres du même auteur
    
Réponse
Nom de l'auteurTitre de l'œuvreGenre littéraireDeux autres titres du même auteur
Victor HugoLe Dernier Jour d'un condamnéRoman à thèseLes Misérables ; Notre-Dame de Paris
Réponse

Ce passage se situe au tribunal, juste avant que le jury ne rende son verdict (sa sentence).

Réponse

Une atmosphère calme et détendue. Indices : « avaient l'air satisfait » et « quelque chose de calme et de bon ».

– l'improbabilité de sa condamnation – l'acceptation de sa condamnation – la certitude de sa condamnation – la vraisemblance de sa condamnation
Réponse

Réponse : a) l'improbabilité de sa condamnation. Comme les juges paraissent calmes, le narrateur croit qu'il ne sera pas condamné à mort.

Réponse

La fenêtre laisse entrer l'air, le soleil et les bruits de la vie (les marchandes de fleurs, la fleur jaune). Elle représente la liberté et la vie, elle fait naître l'espoir chez le condamné et s'oppose à la mort qui le menace.

Énoncés du texteFigures de style
J'attendis ma sentence comme on attend la délivrance et la vie. 
Inondé d'air et de soleil, il me fut impossible de penser à autre chose… 
…une jolie petite plante jaune… jouait avec le vent… 
… plutôt cent fois la mort ! 
Réponse
Énoncés du texteFigures de style
J'attendis ma sentence comme on attend la délivrance et la vie.Comparaison
Inondé d'air et de soleil, il me fut impossible de penser à autre chose…Métaphore
…une jolie petite plante jaune… jouait avec le vent…Personnification
… plutôt cent fois la mort !Hyperbole
Réponse

Par exemple « confiant » et « léger » : ils montrent que le narrateur se raccroche à l'espoir et à la vie, malgré l'angoisse de la mort.

Réponse

Elles traduisent son émotion et son besoin de se rassurer : il se persuade lui-même qu'il sera sauvé (« c'est impossible ! »).

Réponse

À mon avis, l'avocat n'est pas assez sérieux. Il vient de bien déjeuner et parle avec légèreté ; il accepte facilement les travaux forcés à perpétuité, comme si la vie de son client n'était pas importante. Un bon avocat devrait défendre son client avec plus de cœur.

Réponse

À mon avis, c'est un choix qui montre son désespoir. Pour lui, vivre enfermé à vie sans liberté serait pire que mourir. Mais je pense que la vie garde toujours un espoir, et qu'aucune des deux peines n'est juste : c'est tout le sens du combat de Victor Hugo contre la peine de mort.

Offre Prof Samad — écris-nous sur WhatsApp
Annonce — change à chaque actualisation · un clic ouvre WhatsApp